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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 13:52

Avec son article "Les bienfaits du beau nous émerveillent", la rubrique "Santé psychologie" du Figaro du 09/01/2017 portait sur la puissance du beau comme vecteur d'ouverture, de connaissance et d'estime de soi, et plus loin sur l'intérêt de la relation à l'art dans une démarche thérapeutique. Je reproduis ici quelques extraits de cet article de Pascale Senk gratifiant pour moi en termes de reconnaissance dans la mesure où mes ateliers d'histoire de l'art au centre de soins des addictions (ADAJE) y sont mentionnés et que je suis interviewé à ce sujet.

L'article met en lien différentes disciplines (dont la psychologie cognitive) qui convergent toutes dans cette idée de "bienfaits du beau"

.

"... En 2011, (explique Axel Cleermans, professeur de psychologie cognitive à l'université libre de Bruxelles) une méta-analyse de 93 études a montré que la zone cérébrale dans laquelle la capacité de s'émerveiller est inscrite dans le cortex insulaire antérieur droit, le même que celle impliquée dans la perception d'objets à grande valeur économique ou sexuelle. Elle semble donc être une fonction "parasite" s'étant développée à côté des facultés permettant d'assurer notre survie."

Une importance finalement vitale qui n'étonne en rien ceux qui profitent des multiples bienfaits du beau pour accompagner dans leur évolution les personnes en difficulté, ou qui cherchent à mieux se connaître, à apprendre, à avancer. Pascal Coulon, philosophe et animateur d'ateliers en histoire de l'art au Centre de soins des addiction ADAJE (75014), en est persuadé : "Si cette éducation du goût ne "soigne" pas, nul doute qu'elle participe à une démarche plus globale - psychothérapie, groupes d'entraide, éducation... - permettant de réhabiliter chez nos pensionnaires le désir en lui donnant un objet plus fécond, contribuant ainsi à modifier leur regard sur ce qu'il y a à voir"

Lire Proust, contempler des toiles impressionnistes avant un pique nique à Giverny, comprendre la démarche des cubistes... autant de portes qui s'ouvrent pour, peu à peu, donner envie à ceux qui pensent avoir tout vu de voir différemment le quotidien. "C'est le grand apport des artistes, observe Pascal Coulon : interrompre la chaîne de significations dans laquelle nous évoluons pour en révéler certaines qui nous étaient inconnues jusque là. Après Van Gogh, on ne voit plus les simples chaises en bois de la même manière..."

Autre révélation : l'œuvre d'art donne accès aussi à des dimensions de soi-même que l'on ignorait jusque là. "Lire un poème ou contempler un tableau et se dire et se dire "ça, c'est tout à fait ce que je ressens" est éminemment positif car l'identification permet de se sentir relié à autrui dans notre humanité universelle ... Voir nos pensionnaires se mettre à discuter entre eux de telle ou telle œuvre relève du miraculeux !"

Pour Ilona Boniwell, spécialiste de psychologie positive, cette force se nourrit aussi sans cesse de ce qu'elle est capable de distinguer : "Elle est une question d'attitude et de capacité à prendre le temps d'admirer ce qui s'offre à soi." C'est alors un cercle vertueux qui se propage.

L'écrivain Belinda Cannone en témoigne dans son Essai (S'émerveiller chez Stock) : "Si je suis malheureuse, je traverse ce monde si beau sans le voir". Cependant, c'est une puissante occasion de sortir d'un soi mal à l'aise que celle de regarder vraiment ce qui nous entoure quand cela suscite une "amoureuse concentration"...

 

LES BIENFAITS DU BEAU

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