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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 15:47

 

Philosocial 

 

DE L’ETAT DE NATURE A L’ETAT CIVIL

 

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         L’idée de Contrat social est souvent employée de sorte qu’elle apparaît comme un lieu commun de la philosophie politique, voire de toute sorte de discours à connotation sociale. Ainsi par exemple, les conditions socio-économiques ayant changé (crise, mondialisation, chômage) depuis 1945, il est question ces dernières années de refonder le contrat existant depuis la Libération, et qui a prévalu pendant les trente glorieuses. Il s’agirait en l’occurrence de prendre acte de la fin de l’Etat providence, et de reconnaître que notre vivre-ensemble ne peut plus être fondé sur le même socle de garanties, de sécurités, etc.

         Mais que recouvrent réellement et originellement les termes « Contrat social » ou encore « état de nature », notion qui accompagne souvent la première ? En quel sens considère t-on que ces concepts sont au principe de l’entrée dans la modernité politique ?

      

       L’idée de Contrat social a une histoire, avec ses péripéties, et une genèse qui, dans un autre contexte, mériterait que l’on s’y attache. Mais, puisque nous sommes désireux d’aller à l’essentiel, nous pourrions dire que c’est avec le philosophe anglais Hobbes (au 17ème siècle), puis avec Rousseau (au 18ème siècle), que cette idée atteint pour la première fois sa pleine signification dans la mesure même où leur façon de la conceptualiser est contemporaine d’un basculement dans la modernité. Avant ces philosophes en effet, les conceptions du pouvoir étaient caractérisées globalement par le fait qu’elles ancraient celui-ci dans la nature, la tradition, voire le divin. La modification assez fondamentale en philosophie politique se produit dès lors qu’émerge l’idée que le pouvoir ne peut trouver sa légitimité dans l’idée de nature, - comme chez Aristote, par exemple -, ou dans le divin – comme chez Bossuet -, et qu’il convient donc de penser la politique selon d’autres critères ; et notamment selon l’idée de convention ou de contrat. Cela signifie que, contrairement au modèle antique aristotélicien qui faisait de l’homme « un animal politique », un être naturellement fait pour vivre en société (ce qui impliquait corrélativement des hiérarchies naturelles), les théoriciens du contrat pensent la société politique selon un modèle artificiel. Ils fondent donc la légitimité politique sur une convention, même non exprimée, par laquelle nous entrons dans un système d’obligations mutuelles, nous nous engageons à renoncer à certaines prérogatives, à certains « droits naturels » afin d’en obtenir d’autres.

         Le contrat permet ainsi de justifier la nécessité de l’Etat. Avec le modèle hobbesien, on a donc pour la première fois un schéma explicatif de ce qui, originellement, amène des hommes plus ou moins égaux a priori à passer de façon relativement libre et concertée de l’état de nature à l’état civil, à se constituer donc en société politique.

         Ce modèle hobbesien n’est cependant pas unique, et nous verrons quelle est la réponse de Rousseau à Hobbes sur ce point, et notamment sa différence de conception de l’état de nature avec ce qu’elle implique ; et finalement nous intéresserons à l’étonnante reprise moderne de cette idée de pacte social dans la Théorie de la justice du philosophe américain contemporain John Rawls.

 

  Texte 3. Hobbes

 

 

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