Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 10:03

Ce blog, comme le savent ses lecteurs, concerne tout ce qui touche à ce que j'ai appelé d'une formule un peu alambiquée "L'expérience-source d'évolution existentielle".

Une importante activité de production de cours m'empêche de l'alimenter personnellement en ce moment, ce qui ne signifie pas - bien au contraire - que je cesse de m'intéresser à ces thématiques, à alimenter ma recherche, en bref à suivre ma ligne.

Cependant, compte tenu de ces centres d'intérêt, j'ai jugé tout à fait opportun de publier l'article de mon ami Nicolas Floury, jeune philosophe et psychologue qui s'était déjà signalé par un livre remarquablement clair sur l’œuvre de J.H. Miller, le disciple de Lacan (http://fraterphilo.over-blog.com/article-texte-6-miller-lacan-le-reel-insense-66231379.html), puis par une non moins remarquable interprétation du film de Christopher Nolan, Inception (http://fraterphilo.over-blog.com/article-texte-5-ceci-n-est-pas-de-la-science-fiction-72634672.html). Accessoirement, il m'avait aussi fait l'amitié de rédiger la 4ème de couverture de mon livre sur Les groupes d'entraide.

Ce court article, qui ressemble à une grande 4ème de couverture, concerne le livre d'un jeune philosophe, Didier Laroque, Essai sur la grandeur, et je le publie dans la mesure où sa teneur fait écho en moi, à mes propres préoccupations.

"Le dernier ouvrage de Didier Laroque, Essai sur la grandeur(Paris, Manucius, 2014), est un livre troublant ; écrit à la première personne, il s’adresse à ce que nous sommes de plus singulier tout en touchant à l’universel. On ressort en effet de cette lecture avec des affects mêlés : joie, exaltation, enthousiasme mais aussi une pointe de mélancolie. Et c’est probablement la profonde authenticité qui se déploie page après page qui provoque cela.
C’est qu’il y a indéniablement un côté salvateur dans cette épopée d'une conscience qui quitte la sphère étriquée de la personne – masques, semblants, bavardages – pour le versant sublime de la grandeur – infini et fini. Et c'est l'angoisse – l'insomnie – et donc la douleur, mais aussi un certain plaisir, qui permettent cet exil réussi.
C'est aussi, parfois, un livre dur – il y a de temps à autre comme des échos, dans un style propre à l’auteur, des Chants de Maldoror. « Ce que je ne sais pas d’une connaissance allant de l’esprit au coeur et qui oblige, je l’ignore. » Universitaires médiocres, psychanalystes herméneutes cherchant vainement du sens dans les rêves, faux écrivains du moment : nul n'est épargné. Et il semble que ce soit la pensée elle-même qui, lorsqu'elle est véritable, se révèle ainsi nécessairement cruelle : preuve que le texte de Didier Laroque est un prodigieux condensé de pensée.
On a aussi, bien souvent, l’étrange sensation qu'un secret est crypté dans l'ouvrage – un peu à la façon de Mallarmé : un chiffre serait à trouver pour servir de clé. L’auteur ne peut nous donner le chemin à suivre car chacun doit l’éprouver pour lui-même et dans sa chair. Et puis « la vérité doit être confidentielle ».
Les tout derniers chapitres sont très ardus car ils synthétisent toute la pensée de l’auteur. « L’accès à une vie infinie, d’une présence égale, entière, m’était réservé en l’épreuve du dénuement ; ce que j’éprouvais absent et nécessaire à mon bien-être se trouvait dans la pénurie même, par l’effet de l’attente actualisant le manque. Je connus le néant comme mon lieu. » Il faut trouver un équilibre entre fini et infini, là est la grandeur.
Ce livre est aussi, il nous semble, une analyse existentielle originale et réussie d’une conscience. C’est une traversée, une dépersonnalisation, qui nous est en effet contée. Celle-ci est certes éprouvante – on ne sort pas indemne d'une telle lecture – mais elle met néanmoins en branle, éveille, tente sans cesse de faire vibrer le vif en nous.
Une fois hissé à la dignité de la Grandeur encore faut-il y être fidèle. C’est alors d’une éthique dont il s’agit et qui reste à penser.
Nul doute que Didier Laroque signe là un
grand livre de philosophie."
Nicolas Floury

Essai sur la grandeur
Partager cet article
Repost0

commentaires

Fraterblog

  • : Le blog de fraterphilo.over-blog.com
  • : Dans Fraterphilo, les idées de soin, d'art thérapie, de réflexion philosophique, de yoga et de pèlerinage constituent un lien et une trame pour ce qui se construit progressivement : ce que j'appelle une philosophie de "l'expérience-source d'évolution existentielle".
  • Contact

TRANSMETTRE

La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

Recherche

Archives

Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

Pages

LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

Liens