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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 10:14
Du singulier à l'universel

Beaucoup de choses ont sans doute été dites sur Wintersleep, dernière palme d'or à Cannes. Je n'en rajouterai donc pas, surtout dans la mesure où je ne suis pas vraiment un cinéphile averti et que certains en parlent bien mieux que moi.

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Certes, le spectateur est d'emblée saisi par l'aspect sublime du lieu. Mais, ce qui m'a frappé, c'est le décalage, voire le paradoxe, entre les dimensions à la fois particulières (du lieu, de la langue, des mœurs) et universelles de ce film.

A cet égard, je dirais simplement qu'un film turc qui dure trois heures trente, ayant pour cadre un endroit reculé d'Anatolie en hivers, comportant très peu d'action - laquelle concerne la vie de d'intellectuels "bourgeois" turcs -, et qui, de plus, est encensé par Télérama, peut faire peur.

Et pourtant, c'est un très grand film que j'ai vu deux fois. Quel est le critère de ce jugement péremptoire, me dira-t-on ? Malgré (ou grâce) cette altérité, cette "étrangèreté" (la langue, le paysage, certaines coutumes, etc.), ce film ne peut laisser indifférent en ce qu'il renvoie chacun d'entre nous à ce qui fait notre commune humanité. Il nous touche en ce que les situations, les dialogues, les relations (entre le frère et la sœur, le mari et son épouse, etc.) sont clairement universels et sont source de questionnement infini sur le sens. D'ailleurs, le second visionnage m'a permis de me détacher un peu plus du point de vue central de l'écrivain pour adopter celui des deux femmes (la sœur et l'épouse) : formidable leçon sur la puissance, le pouvoir et la dangerosité potentielle du don !!

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Un peu comme avec les grands livres, c'est quand le particulier devient singulier que l'on a un signe du chef-d'oeuvre. Et c'est sans doute dans le passage d'une situation très singulière - étrangère a priori à nos références habituelles - à une possible universalisation que réside à mon sens le critère essentiel de jugement esthétique sur une œuvre.

Du singulier à l'universel
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La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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