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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 22:48
Une figure perverse

La période estivale n'est généralement pas propice aux sorties de bons films dans les salles hexagonales. Sans être un chef d'oeuvre absolu, Irréprochable de Sébastien Marnier fait partie des bons films de l'été. Le synopsis, qui rappelle un peu Le couperet de Costa-Gavras en 2005, indique déjà ce dont il va être question :

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"Sans emploi depuis un an, Constance revient dans sa ville natale quand elle apprend qu’un poste se libère dans l’agence immobilière où elle a démarré sa carrière, mais son ancien patron lui préfère une autre candidate plus jeune. Constance est alors prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne."

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Mais alors que le film de de Costa-Gavras ressemblait à un thriller - l'élimination progressive des rivaux concernant un poste de cadre supérieur -, Irréprochable s'attache plus à la psychologie du personnage principal. Interprété par Marina Foïs qui habite de façon magistrale le rôle de Constance, le film met en évidence un certain nombre de mécanismes pervers auxquels tout un chacun peut se trouver confronté, tant dans sa vie privée qu'en situation professionnelle.

Je n'en dirai pas trop au risque de priver le spectateur de son plaisir, mais il sourd de tout le film et de l'interprétation de Marina Foïs une violence feutrée, rentrée, sous-jacente qui tient le spectateur en haleine. Mais ce sont surtout les mécanismes psychologiques de la perversion qui apparaissent ici en pleine lumière : la façon dont le personnage adopte des masques successifs - le pervers est vide, il s'approprie en quelque sorte la vie professionnelle, familiale et sentimentale des autres, ce qui n'est pas sans entraîner des phénomènes de projection très bien décrits ici ; chez Constance, tout est bon pour parvenir à ses fins : harcèlement, alternances de brutalité et de sentimentalité. On le sait, le pervers est caractérisé par une absence totale d'empathie et sa façon de choséifier l'autre, de le manipuler pour son propre intérêt. Où il apparaît aussi que le fait d'être démasqué provoque souvent chez lui une véritable explosion de violence.

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Le film de Marnier, outre le spectacle qu'il nous offre et qui vaut par sa tension dramatique, comporte à mon sens une dimension quasi pédagogique en ce qu'il permet à chacun de nous de repérer certains mécanismes de violence. Si ces derniers ne sont pas aussi spectaculaires que les événements actuels qui nous touchent tous (évoqués dans des articles précédents), ils n'en sont pas moins susceptibles parfois de détruire des vies eux aussi.

Une figure perverse
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La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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