
En ce mois de mars 2018, j'ai le plaisir de voir republié mon précédent livre sur l’œuvre de René Girard.
En accord avec l'éditeur HDiffusion, son nouveau titre est Penser la violence. Le livre comporte très peu de modifications par rapport au précédent L'impensable violence chez Germina (épuisé). Je retranscris plus bas la 4ème de couverture afin de donner au lecteur une idée de son contenu.
Il s'agit d'une étude des concepts de Girard et non d'un panégyrique de cet auteur, et le livre comporte une partie critique. Avec le recul, je me dis finalement que la principale objection à l'idée de victime émissaire telle qu'elle est radicalisée par Girard est la suivante : sur le modèle du Christ, Girard postule une victime sacrificielle entièrement innocente. Mais l'observation clinique montre que la victime d'un groupe a bien souvent sa part de responsabilité dans la situation qui la transforme en bouc-émissaire.
Quoi qu'il en soit, les théories de Girard n'en restent pas moins tout à fait passionnantes. Elles fournissent un éclairage souvent fascinant sur les phénomènes sociaux, mais aussi sur la genèse de l'espèce humaine, ce que l'on appelle le processus d'hominisation.
Le livre est disponible en librairie ou en ligne
Pascal Coulon, Penser la violence, (HDifusion), 20 euro
Sur le thème du bouc émissaire : http://fraterphilo.over-blog.com/article-la-chasse-117670126.html
La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)



