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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 18:07

J'ai appris récemment avec tristesse les décès de Jacqueline Lichtenstein, professeure de philosophie esthétique, et de Didier Deleule, professeur de philosophie politique.

 

Si besoin était (mais cela va sans dire), ces deux immenses professeurs font partie de ceux qui montrent que la qualité d'un philosophe ne s'évalue pas à l'aune de la présence médiatique, mais de leur travail patient de recherche, leur passion et leur goût pour la pédagogie.

J'ai copié-collé plus bas deux petits textes sur leur immense carrière, tant universitaire qu'éditoriale, que je ne saurais résumer ici.

 

 

A titre personnel, je retiens que ce sont les cours de Jacqueline Lichtenstein (et ceux de Baldine Saint Girons) dans les années 1995-2000 à Nanterre qui m'ont fait découvrir et développer avec passion mon goût pour ce qui touche à l'image, à la peinture, à son histoire et à toutes les questions d'esthétique sur lesquelles je travaille encore aujourd'hui. C'est aussi grâce à des enseignants comme elle que j'ai compris que la peinture constituait une porte d'entrée éminemment enrichissante pour la connaissance, aussi bien sensible qu'intellectuelle, en ce qu'elle sollicite aussi bien la philosophie que l'histoire, la théologie, voire l'anthropologie. En dehors de ses cours, ses œuvres, et notamment La couleur éloquente, m'ont particulièrement stimulé pour construire un nombre appréciable de problématiques autour desquelles portent mes conférence et mes ateliers d'histoire de l'art. Je ne saurais donc lui être trop reconnaissant à cet égard. 

 

 

Concernant Didier Deleule, en dehors de ses cours de philosophie politique et morale de très haut niveau sur Aristote, Hobbes ou Hume dans les mêmes années, je retiens une extrême courtoisie et une vraie gentillesse. C'est sous sa Direction que j'ai mené à bien ma Maîtrise et mon DEA en 1999 et en 2000, à chaque fois sur des œuvres de William James que j'ai traduites et commentées. Je le remercie pour sa lecture attentive, ses corrections et ses conseils.

 

"Philosophe, historienne de l'art et professeure,

Jacqueline Lichtenstein a enseigné à l’Université de Berkeley, à l’Université Paris-Nanterre, à la Sorbonne Paris IV ainsi qu’à l’École du Louvre, où elle a été membre du Conseil des études et de la recherche. Elle a également été ​membre du Conseil scientifique du musée du Louvre, qui l’a invitée en 2013 pour un cycle de conférences sur la poétique et la théorie du dessin du XVe au XIXe siècle. Responsable de la collection « Essais d’art et de philosophie », créée en 1949 par Henri Gouhier aux éditions Vrin, elle s’est fait également remarquer en tant qu’auteure. Parmi ses ouvrages, on peut notamment citer La tache aveugle. Essai sur les relations de la peinture et de la sculpture à l’âge moderne (Gallimard, 2013) et La couleur éloquente, rhétorique et peinture à l’âge classique (Flammarion, 1989). Elle s’est notamment intéressée à la relation antagoniste entre le dessin, du domaine de l’intelligible, et la couleur relevant du sensible, considérée comme un éclat séducteur. Il faut également mentionner qu’elle a dirigé l’édition des Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture à l’époque de Louis XIV de 1648 à 1793, avec Christian Michel."

"Au fil d’une carrière universitaire intense et exceptionnellement fructueuse, Didier Deleule aura assumé avec la plus grande exigence un très grand nombre de fonctions, et mené à bien des missions importantes, dans les établissements où il eut des responsabilités mais aussi au plan régional (Société franc-comtoise de Philosophie, Société bretonne de Philosophie), au plan national (comme président de commission au jury de l’Agrégation de philosophie, comme président de la section de Philosophie du Conseil national des universités et – à partir de 2009 – à la direction de la Société française de philosophie) et dans les instances internationales (Comité directeur de la FISP, charges de professeur invité aux universités de Rio de Janeiro, Bologne ou encore Kairouan). 

Très impliqué dans le monde de l’édition scientifique et dans la vie des revues (telles que Philosophiques, Les Cahiers philosophiquesRevue des sciences et techniques des activités physiques et sportivesCités – parmi d’autres – et bien sûr à la tête de la Revue de Métaphysique et de Morale à partir de 2009), Didier Deleule s’est montré, jusqu’aux derniers jours, et malgré la fatigue de la lutte contre la maladie, très attentif à la vie intellectuelle de son temps. Son enthousiasme pour le monde des études, sa fidélité aux missions de la philosophia perennis et sa générosité en amitié laissent un grand vide dans le cœur des collègues, des amis, des lecteurs, des anciens élèves ou étudiants qui ont bénéficié de sa présence et de ses lumières. Leur détermination à honorer sa mémoire et son œuvre n’en est que plus grande. Sa gentillesse et son attention aux autres auront marqué ceux et celles qui ont eu le bonheur de le connaître, notamment dans les instances de la Société française de philosophie, dans le travail conjoint avec l’ASPLF et au Comité directeur de la FISP – institutions auxquelles il était particulièrement attaché.  

Didier Deleule fut créé Chevalier des Arts et Lettres (janvier 1989) et Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques (promotion du 14 juillet 2004). Un recueil composé en son hommage lui a été offert par ses collègues en 2010 (Comment peut-on être sceptique? dir., Hélène L’Heuillet et Michèle Cohen-Halimi, Paris, Honoré Champion)." 

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La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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