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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 09:40

Dans cet article le lecteur trouvera un nouvel extrait du livre que j'espère terminer au printemps - Le Lien à l'ère de l'individualisme, "La Chair du monde".

Le travail d'élaboration nécessaire à la réalisation de ce livre constitue aussi la trame de mes conférences philosophiques dans les Universités Inter-Âges de Normandie.

 

Concernant le fond de l'ouvrage, il s'agit de mettre en valeur un certain nombre de résistances, de mouvements, de doctrines et de pratiques qui se sont élevés contre la toute puissance de l'approche rationnelle liée à l'entrée dans la modernité. Ces différents mouvements ont cherché, et cherchent encore, à privilégier une puissance de vie régénératrice.

 

Sans omettre le versant sombre et les dangers de certains de ces mouvements, il sera donc question dans ce livre et ces conférences des artistes des avant-gardes du 20èmes siècle, du Romantisme, des philosophies de William James et de Bergson, de la phénoménologie, des transcendantalistes américains et d'un certain rapport initiatique à la nature, de la marche, des disciplines extrême-orientales, et de... l'amour.

 

L'extrait publié aujourd'hui est issu de la fin de l'introduction.

 

 

"Or, il se trouve que, concernant l'entreprise d’émancipation de l'acte philosophique, force est de constater que l’appel à la rationalité ne fonctionne plus aujourd’hui comme auparavant. A l’époque des Lumières, la raison a permis de lutter contre des préjugés obscurantistes et la superstition. Désormais, la raison est, certes, toujours très importante, a fortiori face au complotisme - signe d’une formidable régression obscurantiste qu’il faut combattre en ce début de 21ème siècle. Mais l’appel à la rationalité est devenu insuffisant, voire contre-productif, dans la mesure où celle-ci est de plus en plus identifiée aujourd’hui au calcul. De fait, l’approche quantitative qui colonise désormais toujours plus de secteurs où elle n’était pas de mise auparavant rend la rationalité suspecte, bien souvent perçue par les acteurs de certains champs (hôpital, secteurs médico-social, éducatif…) comme un nouvel asservissement, une source de souffrances multiples, et surtout une dissolution du sens de leur action ainsi qu’une perte de qualité de la relation humaine. Ainsi, souvent réduite à un instrument comptable, la rationalité tend à s’exercer au détriment de la dimension qualitative de l’activité humaine.

En fait, cette caractéristique de la rationalité, essentiellement attachée à notre postmodernité, entraîne une quasi-inversion de la problématique de l’émancipation. L’idée d’émancipation n’est certes pas caduque, mais le problème consiste moins aujourd’hui à se libérer des ténèbres de la superstition – même si cela reste important. Il s’agit plutôt de repérer des forces, des énergies souvent enfouies - à la condition bien sûr qu’elles se manifestent comme puissance de désaliénation permettant l’essor d’un nouvel imaginaire et des initiatives recréatrices.

 

A notre époque complexe où la domination est caractérisée par l’emprise de la technique et du tout économique, de nombreuses forces contraires déshumanisantes sont susceptibles de phagocyter cette puissance de vie et d’élévation. Remonter à la source de cette puissance permet de manifester une certaine confiance en la fécondité et la pérennité de l’imagination vitale qui traverse l’histoire et en constitue l’autre versant.

Puisse cet appel à la puissance de vie permettre de régénérer l’innocence du devenir et retrouver ainsi une enfance du monde !"

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La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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