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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 10:06

 

Je poursuis mon travail d'écriture du livre La Chair du monde et je publie ici un petit extrait du quatrième chapitre

 

Ce chapitre traite plus spécifiquement de l'aventure phénoménologique.

 

 

 

 

Voici l'extrait en question qui porte sur l'apport de l'art à la réflexion phénoménologique.

 

 

 

"L’idée selon laquelle les artistes font apparaître un monde auquel nous n’avons pas accès dans la quotidienneté ordinaire et instrumentale est très présente au 20ème siècle. Elle fait référence à la fuite des dieux, à la disparition du sacré que l’artiste aurait pour vocation de relever. Kandinsky, très motivé par les dimensions spirituelles et éthiques de son art, en vient progressivement à se détourner de l’objet pour fonder l’abstraction afin de manifester l’invisible.[1] C’est aussi le cas de plusieurs poètes post-modernes, comme le dit Jean-Claude Pinson dans Habiter en poète :

« …l’interrogation quant à la possibilité du sacré après la fuite des dieux est au cœur de toute une lignée de démarches poétiques, de Hölderlin à Jaccottet. Ou encore : l’éthos poétique moderne serait non seulement ouverture phénoménologique à la sacralité du monde, en vue d’en préserver la trace et le sens, mais aussi, comme c’est le cas chez Yves Bonnefoy, engagement éthique de la parole poétique en vue de bâtir un lieu où puisse se ‘reformer’ le sacré et demeurer habitable une terre préservant un autre rapport au monde que celui qu’impose la domination de la rationalité étroitement instrumentale. Sauvegarder et instaurer le sacré serait alors le but de la poésie, sa tâche suprême en tant que ‘poéthique’ » (c’est l’auteur qui souligne).

Au-delà de la dimension sacrée dont le sens et l’importance varient selon les artistes, un certain nombre de phénoménologues mettent l’accent sur le pouvoir qu’a l’art de manifester le monde lui-même, en sa vérité la plus originaire. C’est notamment le cas de Maldiney, avec une formule dont l’extraordinaire concision n’a d’égale que la puissance évocatrice : « L’art est la vérité du sentir en ce qu’il ne laisse pas s’accomplir la réduction du réel à l’objectif. »

Plus généralement, l’idée qu’un monde se manifeste à travers l’œuvre d’art est une intuition fondamentale de la phénoménologie[2]. Or, il faut entendre par là que c’est le monde lui-même qui crée à travers l’artiste, « C’est l’Etre muet qui en vient lui-même à manifester son propre sens »[3]. Autrement dit, le monde est à la fois sujet de l’activité et objet de l’œuvre. Cette dernière est dévoilement du monde au double sens du génitif : c’est le monde qui est dévoilé, et c’est le monde qui se dévoile."

 

[1] Du Spirituel dans l’art. Il faut aussi lire au sujet de Kandinsky le remarquable Voir l’invisible de Michel Henry

[2] Pour toute cette partie finale, je suis redevable du formidable travail de Charles Bobant.

[3] Merleau-Ponty, L’œil et l’esprit.

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La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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