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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 12:40

 

 

 

 

 

 

 

maldiney

 

Avant l'été, j'ai écrit un article ( L'accueil de l'évènement ) signalant le beau livre de Bernard Rigaud, Henri Maldiney : la capacité d’exister, (Paris, Germina, 2012). A l'occasion du centenaire d'Henri Maldiney (il a eu 100 ans en août et il a encore publié récemment !!!), B. Rigaud nous propose ce court article où il met en lien cette exceptionnelle longévité avec la profondeur et la vitalité de sa pensée, et plus particulièrement sa réflexion très féconde sur l'existence.  

Dès lors que mes propres recherches portent actuellement sur les rapports de la philosophie et de la thérapie, le lecteur comprendra aisément que cette vitalité m'intéresse au plus haut point.

 

 

maldiny rigaud

 

 

MALDINEY A CENT ANS…  

 

Une très longue vie sous le signe de la pensée… De la pensée sur la condition humaine et sur ce que veut dire exister. Un monde exige un être-au-monde, et quand les pulsions sont au monde, c’est qu’elles ont franchi ce fameux seuil qui sépare le vivant et l’existant.

 

Est-ce sa « philosophie clinique » qui lui vaut sa longévité ? Est-ce son « esthétique thérapeutique »  qui lui assure une « capacité de penser plus avant » ? 

 

On peut le croire quand on le suit au chevet des malades mentaux, au chevalet des peintres, au verset des poètes et au sommet des montagnes !

On peut le croire quand on lit ce qu’il dit de l’abîme, de la faille, de la dissociation du sentir, de la genèse du vertige et de l’épilepsie où nous sommes la proie de l’espace ou de l’angoisse et, inversement du potentiel de recomposition du rythme qui transforme le vide en ouvert, qui transforme la béance en patence.

On peut le croire quand on l’écoute nous dire que c’est l’ouverture rythmique du vide qui permet l’émergence d’un « je peux » et qui est donc la source de toute existence et de toute la psychopathologie. De fait, c’est à la parentalité d’en être l’instance donatrice à travers son implication empathique au plus près du sentir et de la corporéité de l’enfant.

 

« L’ouverture rythmique », c’est l’acte d’être, c’est la possibilité de la parole, en deçà de la langue, comme la poésie. « L’ouverture rythmique », toujours en apprentissage et en épreuve, au seuil du sentir, préside à l’engendrement du corps propre, à l’engendrement de la pensée, à la pensée de l’engendrement. Maldiney est l’homme de l’approche compréhensive des hommes en mal d’existence, ce qui lui a permis de développer un enseignement pour les thérapeutes et pour tenter de définir l’existence humaine. Il est l’homme de toutes les potentialités sous l’horizon du hors d’attente d’où tout arrive.

 

L’événement de ses cent ans… L’événement dont l’accueil est la condition même de l’avènement de l’existence : la rencontre de l’événement, voilà qui permet de passer du vivre à l’exister, voilà qui permet la capacité d’exister… cent ans ou plus ! Et Maldiney nous enseigne que ce que nous apprenons par l’épreuve, dans l’étonnement, nous cherchons à le comprendre.


 

maldi regard

 

Il est intéressant de voir qu’un penseur qui aime à répéter que « le réel, c’est ce qu’on n’attendait pas » ait élaboré ses livres dans une sorte d’improvisation destinale, allant toujours plus loin qu’il n’avait su qu’il irait. D’ailleurs un livre de pensée n’a rien d’un objet qu’on fabrique, il nous porte plus que nous le portons, et s’avance vers ce que nous n’eussions pu concerter.

Avec Maldiney, le réel vient des marges ou des bords de notre champ sensoriel, il s’approche obliquement et furtivement, on ne le prend jamais en flagrant délit dans un éclairage sans ombre. Les grands événements passent inaperçus, et tout ce qui est décisif arrive furtivement. Il veut convertir notre regard à ce que sans cesse nous oublions, et qui est pourtant ce sans quoi ce que nous voyons ne serait qu’un rêve bien lié, un rêve cohérent.

Henri Maldiney est un ruminant de livres essentiels. Il évoque la « vigilance du philosopher » qui maintient ouvertes les questions que portèrent les grands penseurs, et qui seules les portèrent à la grandeur, au-delà même, le cas échéant, des réponses qu’ils leur donnèrent.

 

Bernard RIGAUD (septembre 2012)

 


  

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TRANSMETTRE

La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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