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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 12:34

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Quelques mots sur le remarquable livre de Nicolas Floury, Le réel insensé ; Introduction à la pensée de Jacques-Alain Miller (paru en octobre 2010 chez Germina).

 

Philosophe et psychologue, N. Floury s’intéresse depuis longtemps aux rapports entre la philosophie et la psychanalyse ; et, en ce qui concerne cette dernière discipline, plus particulièrement à Lacan. Il rend compte ici de l’œuvre et de l’itinéraire intellectuel d’un élève, puis d’un continuateur – on n’ose dire un disciple – de Lacan. Il met aussi en lumière certains concepts maîtres de la pensée de Lacan, ainsi que les infléchissements, voire les ruptures, que Lacan a opéré par rapport à la pensée de Freud. Dans cet ordre d’idées, est bien mise également en évidence la façon dont JAM s’inscrit dans cette lignée. Ce dernier explicite en effet la pensée des maîtres, tout en la réaménageant parfois sur des points assez décisifs.

 

 

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A son niveau de jeune philosophe, Nicolas Floury suit dans ce livre le même sillon.  Cela dit, d’une façon générale, l'ouvrage est une sorte de performance dans la mesure où il rend compte de façon particulièrement claire d’une pensée réputée difficile, sans pour autant faire de concession à un quelconque schématisme réducteur.

Ainsi, si ce livre est d’un haut niveau d’exigence théorique et qu'il parvient à saisir l’essentiel de la pensée de Lacan et JAM, il reste cependant accessible au lecteur non psychanalyste, et agréable à suivre pour un philosophe. C'est un livre courageux également, son mérite à mon sens étant de tenir jusqu’au bout une posture ouverte, qui caractérise à la fois son style, et la pensée de Lacan et JAM selon N. Floury : pas de repli sur un jargon ésotérique - contrairement à certains préjugés - permettant d’esquiver des questions embarrassantes. Le questionnement est ici poussé jusqu’au bout, dans le dialogue avec d’autres penseurs (Sartre, entre autres), prévenant, assumant et explicitant d’éventuelles objections.

 

Ainsi, si le livre est une introduction à la pensée de JAM, il pourra constituer également une introduction à la pensée de Lacan (que l’on peut compléter avec des livres également éclairants - sur l’inconscient structuré comme un langage, par exemple - comme Cinq leçons sur la théorie de Lacan, ou Sept concepts fondamentaux de la psychanalyse de  J. D. Nasio).

 

En outre, N. Floury montre comment JAM parvient à rendre compte de la pensée du dernier Lacan, réputée incompréhensible (et pourtant passionnante). A cet égard, il  est étonnant de constater que cette pensée lacanienne tardive, avec ses paradoxes, n’est finalement pas éloignée de la démarche spirituelle de certains maîtres zen, qui privilégient silence et paradoxes, voire de la pensée jungienne, contrairement à certains lieux communs sur la radicale incompatibilité entre les deux courants.

 

Quant à l’itinéraire de JAM, un bémol s'impose à mon sens concernant son positionnement politique. Ancien maoïste, il adopte dans les années 80 une position de repli, de silence par rapport au politique, qui n’est pas sans rappeler celle – clairement éthique - du Foucault de l’époque du Collège de France. Je peux le comprendre ;  ce n'est pas fondamentalement critiquable en soi, et cela correspond à un choix. Mais, il sort ensuite de cette réserve pour s’élever de façon très militante ces dernières années contre ce qu’il considère être une invasion de la psychologie positiviste. Au regard des inombrables injustices ayant lieu dans le monde, je m'interroge sur l'importance de cette cause, sur la motivation de ce soudain regain d'engagement politique.

 

Réelle inquiétude éthique, ou défense corporatiste, dans ce relent de révolte ? Qui pourra jamais le dire ?

 

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commentaires

W
It is strange to know the difference between philosophy and psychoanalysis. I have read many quotes and articles from the great philosophers. The content of this book seems to be impressive and the thoughts of Jacques-Alain Miller are inspirational.
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P
Thank you for your comment. It's amazing for me to see that American people may read my texts!! Anyway, sometimes the difference between philosophy and psychoanalysis is weak, especially when it's about Lacan, who has integrated and used philosophical concepts in a magisterial manner for the aim of his own discipline. Cheer. Pascal
C
<br /> Blog(fermaton.over-blog.com)No.28- THÉORÈME TEMPERUM. - La nature du temps qui passe.<br />
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La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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