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Après un long silence je retrouve avec plaisir le blog de Fraterphilo pour un court article.
Ce silence est lié en grande partie à mon déménagement, pour ne pas dire émigration, dans le sud de la France. Loin d’être anodin, ce changement – d’une vie citadine à une vie plus bucolique - se révèle pour moi une expérience assez forte. Elle est intéressante quoi qu’il en soit, ne serait-ce qu’en termes de rapport du corps à et dans l’espace, entièrement nouveau. Passer d’une trentaine de mètres carrés à une grande maison, avec tout ce que cela suppose de perte de repères, de remise en question concernant la vie quotidienne, l’entretien de la maison, le rapport au voisinage, les soucis administratifs, etc., tout ceci requiert une adaptation, et ne facilite pas l’écriture.
Mais l’installation dans le sud est aussi pour moi une occasion de m’adonner à la randonnée - même si la canicule et les risques d’incendie n’ont pas facilité cette pratique dans la garrigue - ce qui est une source de revitalisation, et une incitation à me mettre au travail. Au-delà de mon plaisir personnel, je compte bien me servir de la marche pour un projet de plus long terme consistant à proposer des stages ou séminaires dans ma région combinant méditation, marche et philosophie (voir le détail sur philorando.fr)
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Quoi qu’il en soit, la reprise universitaire n'est plus très éloignée et je suis désormais au travail pour des conférences philosophiques en Normandie et à Versailles (outre des conférences d’histoire de l’art et de philosophie dans plusieurs universités libres du Gard et du Vaucluse). Celles-ci porteront sur ce que j’ai appelé Les Scènes primordiales de la philosophie. Ce titre sera aussi celui du livre destiné à paraître au tout début de l’année 2023 (Scènes primordiales de la philosophie ; de la caverne de Platon au visage chez Levinas – Hermann, 2023), et dont la couverture sera la peinture de Rembrandt ci-dessus, qui m’a toujours fasciné : Le Philosophe en méditation.
Il s’agit donc pour moi d’écrire le livre en même temps que je construis les cours, l’un et les autres devant se féconder mutuellement dans cette dynamique que j’espère vivante et créatrice.
Voici rapidement quelques éléments (en partie extraits de la quatrième de couverture du livre à venir et du projet soumis à l’éditeur) permettant d’avoir une idée un peu plus précise de ce dont il s’agira :
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Qui d’entre nous, s’intéressant un tant soit peu à la philosophie, n’a entendu parler de l’allégorie de la caverne de Platon, du pari de Pascal, du « je pense donc je suis » de Descartes, ou encore de la dialectique hégélienne du maître et du serviteur ?
De telles séquences philosophiques ont acquis une puissance conceptuelle telle qu’elles sont devenues des figures mythiques et des repères essentiels conférant une plus forte intelligibilité au monde.
Mais connaissons-nous réellement ces figures au-delà de la connaissance vague ou du ouï-dire ? Ces scènes primordiales sont bien souvent plus célèbres que connues, et nous n’avons pas nécessairement conscience de leur fécondité en termes de rapport à soi-même, aux autres et au monde. Foucault avait bien vu que les concepts risquaient toujours de se transformer en slogans, et de perdre ainsi de leur richesse originaire, de leur substance au profit d’un usage quelque peu dévitalisé et superficiel. Plus simplement, « l’honnête homme » et de nombreuses personnes intéressées par la philosophie n’ont plus que de vagues souvenirs, ou des connaissances partielles, de ces figures - lesquelles ont pourtant une importance non négligeable dès lors que l’on veut s’intéresser réellement à la chose philosophique.
Il s’agit donc de retrouver la puissance originaire de huit de ces scènes primordiales, de les replacer dans leur contexte philosophique et historique, puis de montrer à quels problèmes elles répondent. Je m’efforcerai ensuite de mettre en évidence leur valeur éternelle, et finalement leur vitalité pour penser le monde actuel.
J’entends donc m’adresser à l’honnête homme du 21ème siècle, intéressé par la philosophie, mais non spécialiste. Fondamentalement le but est de produire un ouvrage qui trouve un équilibre, comme durant les cours : rendre accessibles ces choses parfois difficiles à des profanes, sans pour autant en rabattre sur l’exigence conceptuelle.
Concrètement, il s’agira donc d’abord de replacer chacune de ces figures dans son contexte philosophique et historique, et de comprendre à quel problème elle répond. J’entrerai ensuite autant que possible dans le détail de ces scènes – mais pas trop - afin d’en retrouver la subtilité et la vitalité. Je montrerai leur valeur en termes d’avancée philosophique majeure, mais aussi les critiques qu’elles ont pu susciter. Sans prétendre en épuiser l’interprétation qui est infinie, je m’efforcerai de la régénérer afin de montrer en quoi ces grands concepts constituent des outils précieux pour mieux comprendre et agir dans le monde contemporain.
Enfin, il sera aussi intéressant de voir dans quelle mesure ces figures, choisies arbitrairement et indépendamment les unes des autres, constituent ou non un réseau de sens global permettant de mieux comprendre l’histoire de la pensée philosophique.
Voici donc les huit chapitres en question (plus une introduction et une conclusion générales) :
1 – L’allégorie de la caverne de Platon
2 – La découverte de l’ego cogito chez Descartes
3 - Le pari de Pascal
4 – Le moment du pacte social : Hobbes, Rousseau et Rawls
5 – La dialectique du maître et du serviteur chez Hegel
6 – « L’existence précède l’essence » avec Sartre
7 – Freud et La horde primitive
8 – Le visage chez Levinas
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