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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 15:21

Alors que je viens de terminer le neuvième chapitre de La Chair du monde (qui en contiendra dix), je publie ici les premières lignes du cinquième chapitre, "Soigner", qui concerne l'activité thérapeutique, et plus particulièrement l'usage de l'art en la matière.

Dans le domaine des soins psychiques, il est en effet permis de considérer que certaines pratiques comme l'art thérapie jouent comme des vecteurs du passage d'une approche quantitative du monde - souvent source de souffrances et de perte de sens - à une approche qualitative, source d'ouverture à une existence plus créatrice.

 

 

"Loin de comporter des dimensions uniquement ontologiques, la question du lien a une très grande importance aujourd’hui pour la vie des individus que nous sommes. Elle est fondamentale pour ce qui concerne la façon dont se construit notre rapport au monde et aux autres, aussi bien sur les plans sensible qu’affectif et politique.

Cependant, c’est plutôt par l’absence, en passant donc par la négation, que le lien apparaît comme un vecteur essentiel de rapport à soi-même et au monde. C’est en effet en tant que manque ou perte que cette problématique du lien se manifeste comme une source de souffrances plus ou moins conscientes. A ce titre, elle est très présente dans les champs sociaux et sanitaires. Elle fonctionne même comme un quasi-paradigme dans le secteur de la santé mentale, les professionnels du soin des addictions, entre autres, étant tous à peu près d’accord pour reconnaître les troubles addictifs comme des pathologies du lien.

Or, si le mal-être psychique et les pathologies mentales ont souvent trait à l’histoire personnelle des individus - qu’il s’agisse d’antécédents familiaux, de traumatismes, ou encore de facteurs génétiques - il apparaît de plus en plus que ces facteurs « internes » sont relayés par des facteurs externes liés aux évolutions des conditions de vie dans les sociétés individualistes contemporaines. Ce sont ces conditions en effet qui, chez les plus fragiles, actualisent bien souvent un mal-être sous-jacent, ou renforcent le cinétisme de la pathologie.

La littérature est féconde en la matière : Le psychologue du travail Christophe Dejours montre que la souffrance majeure au travail est moins liée à des conditions d’exercice difficiles ou à des rapports difficiles avec des supérieurs ou des collègues, qu’au sentiment d’absence de sens des acteurs dans bien des domaines[1]. Les travaux du sociologue Alain Ehrenberg montrent que le sentiment de délitement du lien, les messages incitant les individus à accomplir leur vie, les injonctions au bonheur ou à la jouissance peuvent être source de dépression[2]."

 

[1] Christophe Dejours, Souffrances en France

[2] Alain Ehrenberg, La fatigue d’être soi

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commentaires

A
cette après midi dans l'arboretum lexovien c'était cela des fleurs cueillies pour faire des bouquets, une petite biche qui a surgi devant nous, une grosse averse de grêle qui nous a detrempées que de sensations en 2 h de promenade merci de votre messa ge sur la marche je l'ai vécu cet apres midi et le transmets a mes amis qui m'ont accompagnée
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  • : Dans Fraterphilo, les idées de soin, d'art thérapie, de réflexion philosophique, de yoga et de pèlerinage constituent un lien et une trame pour ce qui se construit progressivement : ce que j'appelle une philosophie de "l'expérience-source d'évolution existentielle".
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TRANSMETTRE

La transmission de la philosophie et de l'esthétique est une chose difficile qui requiert la concentration de l'étudiant. Elle ne relève donc pas d'un discours démagogique ou sophistique dont la popularité médiatique n'a souvent d'égal que la pauvreté conceptuelle. Inversement, à l'attention des profanes, il ne peut s'agir non plus de procéder selon un discours élitiste, du type normalien. En ce qui me concerne, je dirais que mon but et ma profession de foi, que ce soit dans mes conférences, mes ateliers ou sur ce blog, c'est de tendre à rendre accessibles ces choses difficiles avec un minimum de déperdition conceptuelle.

 

 

 

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Penser la violence ; l'oeuvre de Girard

Paru en Mars 2018 chez HDiffusion, Penser la violence de Pascal Coulon. 20 euro dans toutes les "bonnes librairies"

 

 

La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion. Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique. Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes, désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance, et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque. (4ème de couverture)

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LES GROUPES D'ENTRAIDE

Pascal Coulon, LES GROUPES D'ENTRAIDE

Une thérapie contemporaine

Psycho-Logiques
 

De nombreuses personnes trouvent dans les groupes d'entraide des ressources pour lutter contre leurs souffrances, se reconstruire psychologiquement et recréer du lien social. Quel est le véritable potentiel de ces groupes ? Quelles sont les origines de ces fraternités ? Quelles sont leurs valeurs ? Comment expliquer leur relative confidentialité et les résistances que ces groupes rencontrent en France ? Cet ouvrage met en lumière les polémiques qui opposent vainement la psychanalyse aux autres thérapeutiques de groupe face aux sujets addictés.


L'Harmattan, 22,50 euro
ISBN : 978-2-296-10844-8 • février 2010 • 226 pages

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